Les femmes bénéficient en usufruit de parcelles de terres appartenant à la Fondation MAM (1 femme = 1 hectare), ainsi que des équipements. Des formations en entrepreneuriat et usage d’outils numériques renforcent leurs compétences. La création d'une coopérative agricole, gérée exclusivement par les femmes membres et appuyée par un comité de pilotage, favorise le partage des savoirs et la gestion collective des exploitations.
Mise à disposition des femmes de Grand-Suza, sous forme d’usufruit, plusieurs dizaines d’hectares de terre appartenant à MARHA (Fondation MAM).
Le programme Green MAM se déroule ainsi :
Cette démarche devra être appuyée par les conseils et l’accompagnement d’organismes institutionnels.

Fournir des équipements et outils agricoles adaptés, et des moyens de transport pour faciliter l’accès aux terres et optimiser les déplacements.
Grâce à l’intégration du programme « Green MAM », à l’appui d’entreprises du secteur agroalimentaire et de partenaires, la Fondation MAM souhaite mettre à disposition des bénéficiaires les outils et équipement agricoles, ainsi que le matériel nécessaire au démarrage de leur exploitation.
La capacité à assurer les transports entre les domiciles des femmes et la parcelle à cultiver reste un véritable défi, ainsi que la sécurisation des produits agricoles contre le vol.
La Fondation réfléchit à des moyens de locomotion adaptés et peu polluants.
La sécurité des parcelles fait l’objet d’échanges approfondis avec les cultivatrices concernées.
Le rassemblement des femmes bénéficiaires du programme Green MAM au sein d’une coopérative agricole gérée par elles-mêmes permettra de développer leur capacité entrepreneuriale, de mutualiser les besoins et ressources, et de pérenniser le projet. Afin de parvenir à cet objectif, la Fondation MAM met en place un programme de formation et d’accompagnement en partenariat avec les associations féminines locales. Ce programme vise à renforcer les compétences des participantes en management d’une coopérative, en gestion financière, entrepreneuriat rural, gestion des stocks, vente en groupement, tout en assurant un suivi technique et un accompagnement de terrain. La formation intégrera des modules sur les outils numériques au service de leurs activités. L’objectif final est de garantir une gestion financière rigoureuse, collective et transparente et de renforcer l’autonomie économique des bénéficiaires.
La troisième étape de ce programme consiste en la création administrative et juridique d’une coopérative agricole, laquelle sera pilotée par un comité composé des représentantes des bénéficiaires, de juristes, ainsi que de membres de la Fondation MAM. Au terme des différentes étapes décrites ci-avant, deviendront membres de la coopérative après une période de plusieurs mois d’accompagnement, les femmes qui rempliront les critères établis au préalable (motivation, suivi des formations, engagement éthique, etc.).
Cette coopérative permettra de relever les défis tels que l’accès limité aux ressources, aux technologies modernes, et privilégiera une agriculture respectueuse de l’environnement.
Le projet promeut l'agroécologie à travers des formations. La mise en place d’un herbier et d'une grainothèque à la Fabrique de Suza permet de préserver la biodiversité, de valoriser les semences locales et de transmettre des savoirs botaniques. Des ateliers culturels et des résidences scientifiques croisées viennent compléter cette démarche en valorisant le patrimoine traditionnel lié aux plantes médicinales, tinctoriales et aux savoir-faire culinaires.
Dans le cadre du programme Green MAM, la formation en agroécologie vise à enrichir les connaissances des bénéficiaires, à partager des connaissances pratiques et théoriques tant modernes que traditionnelles, respectueuses de l’environnement et de pratiques agricoles durables. Ces modules de formation sont dispensés en parallèle de cours en gestion et d’entrepreneuriat rural.
Les principes fondamentaux de l’agroécologie, notamment la mise en œuvre de systèmes de polyculture qui favorisent la diversification des cultures et suppriment la dépendance aux intrants chimiques, sont présentés aux participantes, ainsi que les techniques de restauration des sols, permettant d’améliorer la fertilité et de préserver la biodiversité, sans omettre la gestion durable de l’eau.
Ces formations aborderont l’utilisation de biopesticides et de biofertilisants. Les participantes pourront confronter leur pratique à des méthodes alternatives telles que le paillage ou le compostage versus le brulis … Ce volet de formation en agroécologie renforce la capacité des femmes afin qu’elles gèrent leurs exploitations de manière autonome et harmonieuse.
L’herbier, un des projets phares de la Fabrique de Suza, valorise les savoirs botaniques et joue un rôle central dans le programme Green MAM. Au-delà de recenser et de préserver la biodiversité locale, l’herbier constitue une ressource essentielle pour les femmes agricultrices.
Ces dernières seront à même d’identifier les espèces pour l’alimentation, mais aussi pour la fertilisation naturelle et la protection des cultures. La grainothèque, elle, favorise l’autonomie semencière et la préservation des cultures locales, garantissant ainsi une agriculture moins dépendante des intrants extérieurs.
Des ateliers pratiques permettent la transmission des savoirs botaniques essentiels sur les propriétés des plantes, les techniques de culture adaptées aux principes agroécologiques et les usages traditionnels des espèces locales. Enfin à travers des résidences scientifiques et des échanges avec la communauté, l’herbier contribue à l’ancrage culturel et à l’innovation agricole à Grand-Suza.
Lors des collectes effectuées à Grand-Suza, dans le cadre du projet herbier de la Fondation MAM, la plante Allablanckia a été mise en lumière par le botaniste Eric Ngansop. Cette plante tropicale de la famille des Clusiaceae se décline en plusieurs espèces dont quatre ont été identifiées au Cameroun. De l’espèce présente à Grand-Suza, qui est le Parvifolia, on peut extraire des graines une huile très riche en acides stéarique et oléique laquelle est extrêmement recherchée dans l’industrie agroalimentaire et cosmétique. Enfin, l’écorce de l’Allanblackia a des vertus thérapeutiques contre les toux chroniques. Ainsi après des formations dispensées à la Fondation MAM les femmes de Grand-Suza sont résolues à s’investir dans ce projet de transformation agroécologique
En complément des ateliers pratiques agroécologiques, la Fondation MAM organise des résidences et des événements culturels et/ou scientifiques dédiés à la transmission des savoirs patrimoniaux en particulier ceux liés aux plantes médicinales, aux plantes tinctoriales …
A titre d’exemple, pour redécouvrir des préparations culinaires peu connues ou oubliées, la Fondation organise des résidences d’art culinaire qui valorisent des recettes inspirées de la tradition culinaire camerounaise, à base de plantes cultivées à Grand-Suza. Ce projet créatif inclut la rédaction d’un livre de recettes traditionnelles (au format numérique), qui mettra en lumière la diversité des légumes et fruits du Cameroun et stimulera la production et la commercialisation des dites plantes par la coopérative. D’autres initiatives enrichissent ce programme, telles que la création de teintures naturelles à partir de plantes tinctoriales afin de réaliser des gravures sur textile, telles que l’organisation d’ateliers de vulgarisation sur l’usage des plantes thérapeutiques. Ces actions visent à préserver et à transmettre le patrimoine botanique et culturel de la région tout en renforçant l’ancrage des pratiques agroécologiques dans la communauté
Des infrastructures de transformation (moulins, unités de séchage, conservation et fabrication de produits dérivés) seront développées pour ajouter de la valeur aux produits agricoles. La création d’un label écoresponsable, associé à des solutions digitales pour la traçabilité, garantira l'authenticité et la qualité des produits tout en promouvant le territoire et le savoirfaire local. Parallèlement sont prévues des formations sur la structuration des réseaux de distribution et le développement de partenariats stratégiques afin de faciliter l’accès aux marchés locaux et régionaux.
La Fondation MAM programme la mise en place d’équipements de transformation intégrés au sein de la coopérative agricole, tels que des moulins, des unités de séchage, de conservation et de fabrication de produits dérivés. L’objectif est de diversifier les ressources des agricultrices, d’ajouter de la valeur aux produits récoltés, de prolonger la durée de conservation, et in fine d’augmenter les revenus des femmes.
Il s’agit :
Une évaluation des besoins et des projets des productrices est réalisée tout au long du processus de formation et de création de la coopérative agricole.
Afin de certifier l’origine, les pratiques durables et la qualité des produits issus de la coopérative agricole, la Fondation MAM souhaite créer un écolabel en concertation avec des experts en agroécologie et les membres de la coopérative.
Cette démarche inclut :
Toutes ces actions seront renforcées par l’organisation d’ateliers pour que les bénéficiaires du programme puissent accéder à de nouveaux marchés et développer des partenariats avec des coopératives de distribution et commerces responsables.
Les actions envisagées comprennent :